Biographie de poche
pour grande voyageuse
Marie Courcelle, un nom.
Ecrire une biographie de Marie Courcelle, même succinte, relève
un peu du défi tant il y aurait de choses à dire. Mais enfin, rien n'empêche d'en faire un petit résumé...
Marie est une artiste
chanteuse, meneuse de groupe, femme de tête et de coeur, une personnalité rare, recherchée et multiple. Partie tôt de chez elle, à 16 ans, elle n'a jamais cessé de voyager
dans l'univers de l'autre, avec comme toile de fond la musique bien sûr, mais surtout cette curiosité, cette énergie,
cette incessante volonté de découvrir, de donner, de partager, et de dessiner des sourires.
Née à Paris, elle grandit dans le Lot et revient dans la capitale quand ses seize ans sonnent. Venue travailler au Ministère des Finances, elle passe l'audition au Petit Conservatoire de Mireille où elle est prise pour son jeu d'harmonica et sa voix. Dotée d'une grande tessiture, quatre octaves, elle interprète L'enfant au Tambour et Adieu Angelina...
La radio toujours allumée, avec les programmes chansonniers de ces années 60, Marie adolescente découvre la capitale et chante tout le temps. Elle décide de se lancer dans la chanson. Elle trouve un pianiste, se choisit un répertoire de reprises et fait ses premiers concerts dans de petits bars parisiens.
En plus de son travail et de ces quelques cachets, elle va, plusieurs fois par semaine, au Petit Conservatoire travailler avec Mireille, une incontournable auteur et compositrice de l'époque. Mireille transformait la chanson en swing, des grands classiques aujourd'hui. Elle donnait l'opportunité aux jeunes, ceux qui voulaient "réellement faire ce métier", de travailler ensemble, de créer ensemble. Elle était une des rares à leur donner l'occasion de se produire une fois par semaine en radio et une fois par mois à la télévision.
C'est ainsi que Marie Courcelle fit ses premières télévisions. Mireille donnait le feu vert "aux meilleurs", sans complexe, elle encourageait ceux qui travaillaient dur, les plus exigeants vis à vis d'eux mêmes, de Françoise Hardy à Colette Magny.
Un soir au cours de l'émission de télévision de Jean Christophe Averty, elle rencontre Cisco Herzhaft, guitariste et auteur-compositeur, qui devient son accompagnateur attitré avec qui elle fera plusieurs disques et de très nombreux concerts.


Le premier répertoire de Marie Courcelle fut constitué de chansons écrites par des auteurs rencontrés au Petit Conservatoire, Jackie Baillard (une des compositrices de Serge Lama) avec par exemple la chanson les Roses Bleues, mais également l'auteur-compositeur-interprète Marceau Fersene... Marie chantait dans tout Paris, essentiellement dans ses cabarets. Le temps des premières armes.
C'est également l'époque où elle reprenait des études (psychologie) et élevait ses enfants. Jeune maman, jeune artiste, étudiante, parisienne vivante, tout le temps dehors, dans la vie, elle continue la musique et le chant en croisant la route d'un collectif de femmes qui lui propose d'assurer sa première vraie scène. Marie Courcelle se produit ainsi sur la scène la Souris Papivore dans le marais, une librairie à l'étage, et une cave pour les concerts. La deuxième partie était assurée par Jacqueline Dorian, qui a notamment créé plus tard le Cithéa, salle de concert et de Dj rue Oberkampf, où s'est également produite à plusieurs reprises Marie Courcelle.

A la fin des années soixante-dix elle enregistre Naguère la Brie, premier disque et seul à ce jour à témoigner du Folklore Briard. C'est un album coloré, agrémenté de chansons de l'époque médiévale trouvées dans un recueil de chansons datant du XVIIème siècle. Ce Trente-trois tours (collector aujourd'hui) sera bientôt suivi d'un second, Que faire si Amour me laisse, enregistré au début des années 80. Ce disque témoigne de l'univers chansonnier de la région Ile de France cette fois, et ses chansons parlent toutes de l'univers féminin.
La jeune femme commence sa carrière et se fait un nom en se lançant avec un nouveau répertoire Folk médiéval. Séduite par les textes, comme un écrin de choix, un terrain où son expressivité trouvait son terreau, Marie put avec un florilège de chansons médiévales explorer toute l'ampleur de son registre vocal. Le répertoire, du Folklore.. Elle chantait avec Maxime Leforestier, Brenda Wooton, Nazaré Pereira, participait à des festivals en compagnie d'autres artistes comme Mamma Béa, Angélique Ionatos, Catherine Lara, etc..
Assez naturellement sa route la mène plus tard au Petit Québec à Paris, salle de chansons et musiques folkloriques québécoises. Elle y croise les chansonniers Michel Lafleur, Plume Latraverse... Elle rencontre également l'Association Richelieu qui défend la langue française et lui offre son premier voyage au Québec. Michel Lafleur l'attendra à son arrivée à Montréal. Rapidement il lui présentera son agent Yves Lagacé des Productions Yves Yann qui la prendra sous contrat et lui fera faire des dizaines de tournées en Amérique du Nord. Elle tourne pendant des années au Québec, au Labrador, au Nouveau Brunswick, à Terreneuve, en Louisiane, à Anticosti...
Elle rôde ainsi un nouveau répertoire, et ramène de ses différents séjours au Canada des chansons acadiennes et québécoises qu'elle montera rapidement en spectacle.
Au début des années 90 , elle enregistre un nouvel album témoignant de la Brie d'aujourd'hui, Sur un côté de la Rivière, avec le violoniste Bertrand Deraspe du groupe québécois Suroît. La plupart des textes sont de Cisco Herzhaft. Après cette expérience musicale franco-québécoise, Marie Courcelle programme quelques uns des musiciens hors normes rencontrés au Québec, et notamment aux Iles de la Madeleine, leur offrant ainsi leur première occasion de venir en Europe. Elle créé dans la foulée, et dans la Brie toujours, le festival Brie-Québec qui marque un tournant définitif dans le choix de son répertoire, aujourd'hui acadien cajun.